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 L'absinthe pour l'absent~

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Alice Sibylle Wilde

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relations&co..
you are the game`s master ..:

MessageSujet: L'absinthe pour l'absent~   Dim 13 Sep - 22:21

C'est très différent de ce que j'écris d'habitude.
C'est très très simple. Je l'ai écrite en écoutant 26 fois la chanson Absinthe pour l'absent.
Je la mettrais interdite aux - de 12 ans. Mais elle n'est pas vraiment "choquante".
Bonne lecture !


Absinthe pour l’absent

Leur relation n’avait rien de romantique. Ni de mignon. Ni rien de sensuel. Il n’était pas beau, elle n’était pas jolie. Ils étaient juste deux êtres en manque. Entre eux ce n’était que violence, car c’était dur, dénué de sentiment et d’amour. Elle le laissait l’embrasser, le laissait la pousser contre une porte, sans qu’il ne se soucie d’elle. Il était obligé de se soumettre à ses désirs d’enfant sage ou de folle perversion.

Ils n’étaient pas heureux.

Pourtant, ils avaient besoin de l’autre. Ils ne prévoyaient pas leur manque. C’était quand ils se croisaient. Et ils se voyaient beaucoup, au détour d’un couloir ou dans la cour. Ils ne séchaient pas l’école pour l’autre, jamais. Ce n’était jamais prémédité, ils n’allaient pas perdre leur temps.

Ils étaient des drogues l’un pour l’autre.

Elle, c’était une fille. Pas encore une femme, juste une jeune. Qui avait trop pleuré, de larmes douces amères. Elle n’éprouvait plus rien. Plus de compassion, plus d’amour. Juste cette envie furieuse d’exister, pour ne plus jamais être jeté du nid comme Il l’avait fait.

Lui, c’était un homme, qui n’avait pas encore atteint la maturité. Il attendait désespérément son retour, mais sans Elle, il mourrait, noyé dans des sentiments contradictoires. Il ne voulait pas l’oublier, il voulait juste partager sa vie de nouveau avec Elle. Mais elle était loin, beaucoup trop loin de lui pour ne serait-ce que l’appeler. Ils ne se reverraient pas. Il ne voulait pas renoncer. Il l’aimait encore, malgré tout. Malgré tout…
Eux ? Ils avaient perdu le décompte des jours passés ensemble, de leur routine qui s’était installé. Eux, c’était dix minutes, une heure, rien de plus. Ils ne savaient pas quand ça s’arrêterait. Ils vivaient au jour le jour, sans promesse de lendemain, sans attaches.

C’était des enfants de la liberté.

Elle se jugeait banale. Elle était pourtant entourée d’une aura que des êtres simples qualifiaient de classe. En réalité, elle s’émancipait de toutes contraintes, à part d’une tristesse qui ne la quittait pas. Car elle était encore enchaînée à Son souvenir. Elle n’avait pas d’amis, car sans Lui, il n’y avait plus rien à faire. Liberté factice. Elle se sentait comme prisonnière. Elle n’avait pas d’amis par choix. Elle était de nulle part, ne se sentant bien dans aucun endroit. Ni le lycée, ni à son petit boulot, ni à la maison… Habillée d’un jean, d’un tee-shirt, de ses éternels Converses. Attachée à ses souvenirs plus qu’à des choses matériels.

Lui, grand, trop grand, possédant un petit charme qui faisait fureur auprès des plus jeunes filles. Mais il n’en avait que faire, Elle seule comptait. Ces petites qui croyaient le comprendre parce qu’il faisait semblant d’être heureux… Il n’était pas vraiment beau. Bon élève, sans plus. Intelligence moyenne, il se forçait à être parfait. Pour qu’Elle le revoit dans ses meilleurs moments, qu’Elle soit proche ou loin de lui. Même s’il savait pertinemment qu’elle ne le verrait pas. Sans son regard vert d’eau, son sourire qui le faisait fondre, tel un imbécile. Oh, il avait été un imbécile, sans aucun doute… Un imbécile heureux. Mettre ce verbe au passé lui faisait mal, le tuait à petit feu.

C’était peut-être pour mourir plus vite qu’ils se fréquentaient. Diable au corps et folie douce. Regrets et amours. Un retour à la réalité qui brisait les plus beaux de leurs rêves, comme un bruit de verre qu’on aurait laissé tomber. Une vérité qui faisait mal à entendre, mais nécessaire.

Pour eux, faire l’amour n’était pas une façon d’aimer, mais de survivre, tout simplement.

Quand ils sentaient l’osmose parfaite de leurs deux corps, ils ne criaient pas. Ils ne ressentaient pas un furieux désir, juste ce besoin atroce de souffrir. Ils pleuraient souvent. Dans leur tête. En silence. Leurs mains ne s’évaporaient pas sur leur partenaire mais dans le souvenir. Ce qui leur faisait mal. Alors ils en redemandaient, encore et toujours. C’était sans fin. Fêter la mort de leur ancienne innocence leur paraissait toujours douloureux.

Ils ne se parlaient jamais ; même un simple bonjour ne franchissait pas la commissure de leurs lèvres. A quoi bon ?

A quoi bon parler de choses fades, inutiles, de leurs problèmes, de leurs souffrances, tout en sachant que l’autre ne le comprendrait jamais ? A quoi bon essayer ? L’espoir est une illusion réservée aux faibles. Ils étaient faibles mais ne voulaient pas se faire avoir de nouveau. Ils étaient trop meurtris…

En septembre, elle pleurait. En octobre, il touchait ce bracelet qui lui rappelait sa chevelure cuivrée. En novembre, ils mourraient. D’un commun accord. En décembre… lever leurs verres pour célébration. Janvier, février, mars, année qui s’écoulait et recommençait inlassablement. Futile envie de changement qui n’arrivait jamais.

Cinq septembre, rentrée des classes.


Date fatidique de sa mort, pensait-il. Alors il la cherchait, au loin, ne trouvait personne. Sauf elle, son double féminin. Il la retrouvait toujours très vite, le jour de la rentrée, mais jamais il ne s’approchait. L’été ne l’avait pas embellie. Ni enlaidie. Elle était toujours elle-même : désespoir qu’on lisait à ciel ouvert dans ses yeux… à moins que lui seul ne le voit ? Il regarda les élèves autour d’elle, qui la contemplait d’un drôle d’air, mélange d’admiration et de dévotion. Elle était donc si belle ? Alors que lui n’arrivait pas à lui trouver ne serait-ce que du charme… Il n’était donc pas normal ? Toujours accrochée à Elle, toujours Elle, sa beauté fatiguée, ses longs cheveux blonds vénitiens, sa peau diaphane, sa fragilité… cette fille n’était que son exact opposé, elle dégageait une certaine force, une certaine solitude. Malgré ses yeux dans lesquels on lisait la vérité…

Ses rêves étaient morts dans une bulle de savon qui avait nonchalamment éclaté un jour banal de nouvelle année scolaire. Il courut alors, il en avait assez ; même si ses camarades lui demandaient ce qu’il foutait, lui, l’élève parfait, il n’expliquerait pas, il n’y avait rien à expliquer, rien à dire, rien à faire. C’était fini. Illusion illusoire, il n’en avait qu’à faire de la redondance, du renouveau, du Re, qui composait cette rentrée, il ne voulait qu’une chose, La Revoir, il courrait à perdre haleine, sentant sa respiration comme si Elle était toujours à ses côtés.

Il arriva près d’une rivière, il ne se souvenait pas d’en avoir déjà vu une aux abords du lycée. Il se passa un peu d’eau sur le visage, même si des canettes de bière flottaient à la surface.

« -Que fais-tu ? »

Brusque retour à la réalité : il ne l’avait pas vu. Comment aurait-il pu, ne pensant qu’à Elle ? Avait-elle découvert ce qui se cachait derrière ces soupirs, ces soupirs vains qui cachait une pluie qui tombait sans relâche ?

« -Je l’entends. Cette pluie. Je l’entends aussi bien que toi. »

Il se retourna enfin, plongea ses prunelles dans celles bleus clairs de la jeune fille. Il soupira.

« -Je sais. C’est pour cela que je t’ai choisi, quelques jours après Sa mort.
-Moi, je ne t’ai pas choisi. Je ne t’avais rien demandé.
-Tu regrettes ? »


Elle réfléchit quelques secondes, avant de répondre :

« -Au départ, oui. Mais j’avais besoin de me venger, j’avais besoin de croire que je pouvais encore plaire, encore exister. Et puis… j’avais l’impression d’être comprise, quelque part. Ce non-amour me faisait du bien. J’existais sans me forcer à éprouver quelque chose. Alors, désormais, c’est non. J’ai déjà trop regretté par le passé pour continuer. »

Il rougit en comprenant ce que cette fille avait fait de lui : un vulgaire pantin, accroché à leurs rencontres comme une moule à son rocher. Lui qui d’habitude ne rougissait pas. Il saisit son visage d’une seule main, le levant pour l’approcher du sien…

« -Ce sera la dernière fois…
-Je sais. Comme un adieu.
-Il y’a pire comme adieu. Bien pire. »


Il la jeta à terre, elle le repoussa de toutes ses forces : cela n’allait pas être aussi facile que d’habitude. L’intérêt de la dernière fois en aurait été moins bon. Elle lui envoya son sac sur la figure, faisant couler du sang, mais ce sang n’amenait que plus de violence, il n’avait pas vraiment mal au fond. Il ne souffrait plus depuis longtemps.

« -Tu ne m’attraperas pas… tu ne m’attraperas pas ! » plaisanta t-elle.

Il la saisit par le pied, elle tomba, faisant couler des larmes de dépit à la jeune fille.

« -Ce sera bien la dernière fois…
]-Toi. Moi. Nous. Notre relation. J’abandonne… J'ai perdu, t'as gagné.
-Je… je ne comprends pas ?
bredouilla t-elle, confuse.
-Je ne peux plus faire comme si tu étais Elle. Parce que je sais que tu existes, que tu n’es pas… Elle. Et je ne suis pas amoureux de toi. Je ne veux pas te faire souffrir.
-La réciproque… est valable. Alors, y’a-t-il autre chose à faire que de laisser tomber ?

-Je n’ai pas envie de te connaître plus.
-Moi non plus.
-Mon corps te réclame, pourtant. Et sans toi, je me noierais. Je ne sais pas quoi faire… si tu étais remplaçable, ça serait plus simple, tellement plus simple…
-… »


« -Est-ce que tu l’aimes ? »

« -Je crois… »

« -Alors tu te mens à toi-même. »

« -Je sais. »

« -Tu dois le lui dire, regarde, elle en crève d’envie. »

« -… »

« -Tu m’aimes ? demanda t-elle, posément.
-On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans…
-J’ai seize ans.
-Je ne peux rien te promettre, de peur de mentir. Je ne suis pas romantique, je ne te parlerais pas d’avenir parce que j’en ai peur depuis qu’Elle est partie. Je n’ai pas d’argent, je ne t’offrirais pas de parures Tiffany parce que ça me semble petit par rapport à l’amour. Je ne suis pas beau, je ne deviendrais pas un riche banquier et j’ai perdu tous mes rêves… La seule chose que je peux te promettre, c’est que je serrais capable de te comprendre et que je resterais jusqu’à ce que tu me demandes de partir. »


Elle s’approcha de lui, divine tentatrice aux lèvres d’un rouge sang. Elle observa ses cheveux bruns, sa peau clair, ses yeux d’un noisette délicieux. Elle aspira toute la gentillesse, la quiétude, l’amour qu’il avait en lui. Elle lui laissa le reste. On verrait après, se dit-elle en souriant.

« -Ce sera suffisant », dit-elle en l’embrassant doucement.


Fin
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