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 journal intime d'un misérable domestique

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Edward Hindley St-John

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MessageSujet: journal intime d'un misérable domestique   Ven 25 Sep - 11:57



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27 septembre 1880

Madelyn m'a donné des feuilles, en me disant de m'exercer à écrire. J'essaie de me maintenir à son niveau, mais je sens de jour en jour que je m'éloigne d'elle. Elle lit de grandes œuvres, et il me faut des minutes entières pour parvenir à déchiffrer quelques phrases. Elle m'apprend, elle m'apprend sans relâche, et je me débrouille maintenant assez bien pour écrire et lire. Seulement, elle est toujours au dessus de moi, et cela entache mon orgueil. Je n'en ai pas tellement, vraiment, mais j'ai l'impression qu'elle ne devrait pas me fréquenter. Elle devrait écouter son père, qui ne cesse de la sermonner à cause de ses fréquentations, et me laisser seul. Ne plus me parler, et me laisser à mon balai, à mes chiffons, me laisser faire mon travail avec ma chère mère et ne pas se faufiler pour venir me chercher une fois la nuit tombée. En tout cas, malgré mes indécisions à propos de notre relation, je suis ses conseils à la perfection et m'exerce comme je peux, en autodidacte. J'ai décidé de tenir un journal, non seulement pour m'entrainer à la calligraphie, mais également pour pouvoir me rappeler de chaque minute de mon existence. Toute ma vie, consignée dans des pages sales reliées. Peut-être qu'un beau jour, je serai riche. Je peux toujours espérer, mais ce n'est pas avec une ascendance comme la mienne que j'irai bien loin. La famille de ma mère n'a qu'été domestique de mère en fille, et mon père, je ne sais même pas de qui il s'agit. A chaque fois que j'aborde le sujet, ma génitrice me chasse à coup de chiffon et me demande de travailler au lieu de piailler. Je pourrais rester à la maison, lorsqu'elle travaille, après tout, je n'apporte guère plus d'argent à la maison. Seulement, pour astiquer la maison et apporter ce qu'il faut aux Goldester me permet de fréquenter ma douce Madelyn, la seule amie que Dieu eut cru bon de me donner. Je devrai surement fréquenter ceux qui se roulent dans la boue, comme les appelle son père, mais il semblerait que même eux ne me jugent à leur hauteur. Soit, de toute façon, je me satisfais très bien de ce qu'est ma vie aujourd'hui, à peu de choses près ..

14 juin 1876

Elle est le soleil de ma vie. Ses boucles blondes et son sourire angélique embellissent chaque jour de mon existence, et mon ouïe ne peut se passer du son de son rire si cristallin. J'ai envie de la prendre dans mes bras, de la couvrir de milles baisers, de la draper des plus beaux tissus de l'Europe, de lui offrir mille bijoux .. Bien sûr, même si les premières actions me semblent tout à fait réalisables, les dernières ne se feront sans doute jamais. Car encore et toujours, je suis un domestique et elle est une lady, et qu'une relation entre nous deux est impossible. Pourtant je l'aime, plus que tout autre ne pourrait jamais le faire. Mon cœur brûle lorsqu'elle est absente, et chacun de ses gestes me fait me sentir plus vivant encore. Elle est une partie de moi, et si elle disparaissait, je disparaitrai avec elle. Elle m'a tout appris, et c'est grâce à elle que je suis un des domestiques les plus cultivés de la région, et que l'on peut me confondre par ma conversation à un dandy. Seuls mes habits ne trompaient pas sur ce point, et chaque jour, ils enflammaient mes joues et me faisait me cacher dans un coin de la remise. Je n'étais pas de la même classe qu'elle, je n'étais pas de la même classe qu'eux. Même si je peux soutenir une conversation, à présent, je .. J'ai envie de partir. De partir loin, de la laisser vivre sa vie bourgeoise, de la laisser se marier avec le plus beau des hommes de ce pays et fortuné. Elle n'a pas besoin de moi, un rustre et gueux qui ne pourrait même pas rapporter un semblant de pain au soir.

18 août 1889

Je l'ai vu. Je l'ai vu de par la fenêtre, alors que je m'étais vite caché, après une visite à ma belle. Quel homme. Je ne rivalise pas de beauté ou d'élégance par rapport à lui, et même ses propos semblaient doté d'une intelligence certaine. J'avais raison. Je n'aurais pas du me lancer dans cette relation sans penser à ce qu'il pourrait arriver dans le futur, quand la petite deviendrait femme, et qu'elle devrait se marier. Son père était encore en vie, et il n'accepterait jamais que sa fille, une lady, épouse un domestique. Je voudrais pourtant l'épouser, oh, ce que je l'aimerais ! Nous n'aurions peut-être pas tout l'argent du monde, mais .. Nous aurions l'amour. Quelle sottise, quels clichés. Nous n'aurions rien, car Maddie devait vivre dans le monde de l'argenterie et de la porcelaine, et non pas dans le monde de la paille et de la bouse. J'aurais aimé être lui. Dieu, ce que j'aurais aimé être lui. Et elle, qui avait gloussé comme une de ces filles devant les hommes en uniforme ! Je ne la reconnaissais plus. Je n'ai pas envie qu'il me l'arrache, je ..
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